L’enterrement juif, aussi appelé « levaya » en hébreu, est une pratique religieuse et culturelle importante pour les Juifs. Les rites qui suivent le décès sont régis par des lois religieuses et des traditions spécifiques qui visent à respecter le défunt et honorer sa mémoire. Cet article vous présente les coutumes qui entourent un enterrement juif.
Déroulement des obsèques chez les juifs
Après un décès, les obsèques juives se composent de plusieurs étapes qui suivent une tradition précise.
Les rites funéraires de la religion juive
Immédiatement après un décès, certains gestes s’effectuent selon les rites juifs :
- les proches ferment les yeux et la bouche du défunt ;
- ils laissent les mains ouvertes et étendent les bras le long du corps avant de le recouvrir d’un drap ;
- les miroirs sont couverts ;
- une bougie est allumée près du visage du défunt.
Une fois ces gestes accomplis, les cérémonies d’obsèques débutent.
La cérémonie de toilette rituelle
La tradition juive accorde une importance particulière à la purification du corps du défunt avant son enterrement (ou obsèques). Ce rituel appelé « Tahara » est confié à la Hevra Kaddisha (la sainte assemblée). Il consiste à laver minutieusement le corps, souvent dans un mikvé, un bain rituel. Ce nettoyage symbolise la libération de l’âme et marque le début du deuil juif.
La mise en bière
Après la cérémonie de la toilette, le défunt est enveloppé d’un linceul blanc (le Takhrikhim) puis placé dans le cercueil. Exposé à la famille qui lui rendra un dernier hommage, il ne peut être ni touché, ni embrassé. Par ailleurs, une coutume juive consiste à verser de la terre d’Israël sur le corps. La Hevra Kaddicha veille sur le défunt en récitant des psaumes jusqu’à l’enterrement.
Éloge funèbre
Prononcé par un rabbin, l’éloge funèbre juif, appelé « hesped », rend hommage au défunt. Il retrace ses qualités et ses contributions à la communauté. Il vise à réconforter la famille et à célébrer la vie du disparu.
La cérémonie d’adieu dans les funérailles juives
L’enterrement juif se déroule directement au cimetière, sans passer par la synagogue.
Chant des Psaumes par les proches
Après le transport du cercueil, les proches du défunt se rassemblent autour de la tombe et récitent des Psaumes (prières chantées) qui expriment leur douleur et leur foi. Ces chants accompagnent le défunt dans son dernier voyage.
La mise en terre
Pendant que le cercueil est descendu dans la tombe, un proche récite le Kaddish, une prière glorifiant Dieu. Les proches du défunt déchirent leurs vêtements sur la poitrine pour exprimer leur deuil.
Bon à savoir : Dans le judaïsme, l’enterrement est une étape obligatoire et sacrée qui assure le bonheur éternel à l’âme du défunt.
La période de deuil chez les juifs
Le deuil, appelé « shiva » en hébreu, est une période de sept jours observée par la famille proche du défunt après l’enterrement. Cette période est consacrée à la prière, au recueillement et au soutien mutuel.
Traditions et rituels
Le rôle de la Hevra Kadisha au cours de cette période
La Hevra Kadisha est une confrérie composée d’hommes et de femmes, chargée des rites funéraires juifs et de l’accompagnement des endeuillés. Également appelée assemblée sainte, elle assure la livraison de repas à la famille endeuillée, leur rend visite pour les réconforter et leur apporte une aide matérielle.
La récitation du Kaddish
Le Kaddish, prière de sanctification du nom divin, est récité à plusieurs reprises pendant la période de deuil, notamment lors des offices religieux et des visites au cimetière. Cette prière exprime la foi en Dieu et la reconnaissance envers sa justice.
Les visites au cimetière
Les visites au cimetière sont fréquentes durant la shiva. Les proches du défunt se rendent sur sa tombe pour se recueillir et prier. Ces visites permettent de maintenir le lien avec le défunt et d’entamer le processus de deuil.
Symboles et significations
Les rites funéraires juifs sont empreints de symbolisme, reflétant les valeurs et les croyances de la tradition.
Le cercueil : un retour à la terre
Le cercueil est généralement en bois brut, symbole de simplicité et d’humilité. Avant la mise en bière, une petite quantité de terre d’Israël est souvent déposée sur le corps du défunt. Cette terre, appelée « aronim », représente le retour à la terre et le lien avec la Terre sainte.
Le linceul blanc (Takhrikhim)
Le défunt est enveloppé dans un linceul blanc appelé « takhrikhim ». Ce linceul symbolise la pureté et l’égalité devant Dieu. Il ne comporte aucune distinction sociale ou religieuse, ce qui souligne l’importance de la seule âme face au Créateur.
Les pompes funèbres juives (Hevra Kadisha)
Comme précisé plus haut, la Hevra Kadisha est une confrérie à laquelle sont confiés les rites funéraires juifs et qui accompagne les familles endeuillées. Elle est aussi chargée de veiller au respect des traditions. Les membres de la Hevra Kadisha agissent bénévolement et dans l’anonymat, incarnant les valeurs de solidarité et d’entraide qui caractérisent la communauté juive.