La perte d’un enfant est l’épreuve la plus terrible qui soit. Dans le cadre d’un décès périnatal, elle est en outre liée à un phénomène perturbant.
En effet, le deuil périnatal concerne les enfants nés sans vie ou décédés rapidement après l’accouchement. Les personnes en deuil souffrent donc de la mort de quelqu’un qui n’est jamais né. Une situation souvent mal comprise par l’entourage.
Cette astuce donne quelques pistes pour apprendre à gérer le deuil périnatal.
Des démarches pour commencer son deuil périnatal
L’accouchement
Que l’enfant soit déjà mort ou qu’il soit appelé à ne survivre que quelques heures, il faut accoucher comme une mère qui donnerait la vie à un enfant bien portant :
- Cette étape est particulièrement douloureuse par le couple.
- Pour l’aider, le personnel soignant lui propose de laver et d’habiller l’enfant, de prendre quelques photos, de l’embrasser.
Reconnaissance civile de l’enfant
Passée l’étape difficile de l’accouchement, se pose la question de l’état civil de l’enfant :
- Il est possible d’inscrire l’enfant sur les registres de l’état civil et sur le livret de famille. Les parents peuvent également lui donner un prénom.
- Si l’enfant est mort-né ou né non viable, aucun lien de filiation ne sera en revanche établi.
Inhumation
Une célébration laïque ou religieuse peut être organisée dans la salle multiculturelle de la maternité :
- Une inhumation est ensuite possible.
- Souvent, les cendres sont mises en terre au « carré des anges » des cimetières.
- À défaut, le fœtus sera incinéré avec les déchets anatomiques.
Processus du deuil périnatal
Soutien des proches
Comme après tout décès, le soutien des proches est indispensable :
- Malheureusement, dans le cadre d’un décès périnatal, puisque l’enfant n’a jamais vécu, les proches peuvent lier cette expérience davantage à une fausse couche qu’au décès d’un enfant.
- Il est très important de prendre au sérieux la souffrance des parents et de ne surtout pas minimiser.
Verbaliser sa souffrance
Parler de son deuil est nécessaire :
- Il est possible de communiquer avec ses proches.
- Toutefois, bénéficier de l’entourage d’un groupe de soutien est très pertinent.
- Il est également possible de trouver de l’aide via des associations ou des forums spécialisés.
Établir un lien intérieur avec son enfant
Cet enfant a existé, la mère l’a porté. Ainsi, il continuera à vivre dans sa mémoire. Les premiers temps, la mère peut avoir besoin d’un lien physique avec lui :
- regarder les photos ;
- garder le bracelet de naissance ;
- conserver le doudou acheté en prévision de la naissance ;
- aller à l’endroit où l’enfant a été inhumé.
Progressivement, ces attaches douloureuses ne seront plus nécessaires. Il est toutefois important de se laisser le temps de les abandonner. Ne précipitez pas les choses, personne n’est « fort » face au deuil, l’important est d’apprendre à accepter, à son rythme.
Réinvestir sa vie
La septième et dernière étape du deuil, c’est la reconstruction :
- Un jour, vous réussirez à vous lever en ayant envie de faire de nouvelles choses.
- Vous finirez même par vous tourner vers l’avenir et à concevoir de nouveaux projets.
Pour vous aider à atteindre ce stade, vous pouvez vous investir dans une activité, peu importe laquelle, qui vous aidera à tourner la page.
Pour approfondir :
- Vous désirez en savoir davantage sur le statut de l’embryon ?
- Quels sont les droits de l’enfant mort-né ?
- Voici quelques conseils pour appréhender et gérer le deuil.